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David Pagnon

Du stop, un cimetière, et un peu de ninja [1]

Du stop, un cimetière, et un peu de ninja [1]

Du stop, un cimetière, et un peu de ninja [1]

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Le récit de ma participation de l’année dernière ici.
La vidéo ici.

De l’autostop, un cimetière, et un peu de Ninja [1]

“La meilleure manière de prendre les choses du bon côté, c’est d’attendre qu’elles se retournent” Paul Ouanich

Introduction

Ninja Warrior ? Très peu pour moi.

Je ne comprends pas tout ce pataquès sur les guerriers. Comme si la guerre n’apportait rien d’autre que la plénitude et la gloire. Comme si être fort n’avait aucun sens en temps de paix. Comme si la vie ne présentait pas assez d’adversité par elle-même, comme si se monter les uns contre les autres était le seul moyen de se sentir exister. Comme si pour obtenir la paix, on devait préparer la guerre.

Si vis pacem, nutri fiduciam” [1] : Pour obtenir la paix, entretiens la confiance. Ça semble niais, mais il y a plus que de l’eau de rose dans cette affirmation : c’est démontré, la confiance vaut mieux que la compétition, en terme de développement personnel autant que sociétal [2][3]. Pas besoin de chercher des querelles là-dedans. Et puis n’en déplaise à Dan Millman, je ne suis pas convaincu par le concept de “guerrier pacifique” [4]. Bref, je suis plutôt pour la paix et je n’ai pas envie de jouer à la guerre, fut-ce en franchissant des obstacles en mousse. Et puis encore une fois, un Ninja ce n’est pas ça, ce n’est pas une bête de scène qui ne risque que quelques éclaboussures en cas d’échec.

En somme vous l’aurez compris, je ne veux pas me l’avouer mais je crève d’envie de participer à nouveau à l’émission Ninja Warrior sur TF1. Mais il est trop tard pour changer d’avis. L’année dernière, en fin de parcours, je me suis engagé à m’abstenir les années suivantes. Je m’imagine mal repousser les compétitions de parkour d’une main, et récupérer de l’autre la gloire résultant d’un de ces événements – car soyons honnêtes, un événement où il y a un vainqueur et des perdants, c’est une compétition ; et une course de franchissement d’obstacles, c’est du parkour. Ce serait d’une abjecte hypocrisie. Mais c’est difficile, vraiment [5]. L’échec est envisageable. Je m’imagine tout à fait céder à la tentation une de ces années.

Et pourtant, si je vais à Cannes cette après-midi, c’est pour Ninja Warrior. Qu’allais-je faire dans cette galère ? Pourquoi plonger de mon propre chef au cœur de ce brasier de la chair ? Surprenant certes, mais pas totalement absurde : j’y vais d’abord pour encourager mes amis, ensuite pour essayer de négocier une place de testeur d’obstacles. Je ne veux pas participer à la compétition, par contre j’aimerais bien jouer sur les structures toute la journée et être payé pour ça. Histoire d’assouvir mes envies personnelles, sans risquer de m’exposer aux critiques ni à l’échec. Oui, il subsiste quelque chose d’hypocrite dans ma démarche.

Le projet

Quoi de mieux qu’une longue introduction pour créer de l’attente vis-à-vis d’un sujet que je n’aborderai pas ?

Je ne vais pas parler de l’émission en tant que telle, je l’ai déjà fait en long et en large l’année dernière [6]. Cette année, il y a bien assez à relater dans mon domaine de prédilection particulier : les aventures d’un con-Pagnon. Je décide de partir en auto-stop de Grenoble pour encourager l’un de mes amis candidats. Ou plus vraisemblablement, pour encourager tous les candidats sans distinction de classe ni de talent.

Aller à Cannes depuis Grenoble, c’est toujours compliqué : il faut faire une grande boucle à l’ouest, avant de longer la côte vers l’est. La faute aux montagnes, qui sont bien fâcheusement placées sur le chemin. C’est beaucoup plus long en voiture qu’à vol d’oiseau, et malheureusement je n’ai guère le choix. Par ailleurs nous sommes mardi, les routes sont assez peu fréquentées en semaine. Les conducteurs risquent fort de se faire longuement attendre au bout de mon pouce courbaturé. L’idéal serait donc de partir relativement tôt.

Et pourtant je dois me faire une raison, le monde n’est pas idéal. Je devrai à la fois me lever tôt, et partir tard. C’est bien regrettable, me dit le sommeil : se lever tôt, ce n’est pas recommandé par temps de fatigue. C’est bien dommage, me dit le petit doigt : voyager tard, c’est compliqué à dos de pouce.

Je dois me lever tôt, parce que le jour du départ j’ai des cours de biomécanique à donner toute la matinée. Ces cours sont suivis d’évaluations, que je m’impose comme d’habitude de corriger dans la foulée. Je déteste ramener des copies à la maison, et je n’envisage pas de les emmener en voyage. Je refuse de les voir me narguer dans un coin, discrètes mais bien en vue. J’ai en horreur la vision de ces feuilles volantes, de ces suppôts de l’automne et de son désespoir, de ces piles au teint blafard qui me rappellent à ma propre mort et à la futilité de mon existence.

En 12 mots comme en mille, je veux absolument en avoir fini avec les copies avant de partir. C’est plus compliqué que je ne l’avais anticipé : il se trouve qu’en fin de semaine toute la section de ski alpin se déplace pour les championnats de France, et qu’ils ne peuvent pas aller à leur cours habituel. Ils se rabattent donc sur mes créneaux du mardi matin. Je me retrouve avec des classes surchargées, contraint à emprunter des tables et des chaises dans les salles d’à côté, et à faire un passage supplémentaire vers la photocopieuse. Ce qui est somme toute peu de choses face au surplus de copies à corriger… Je tente de m’atteler à la tâche dès le dernier élève parti, sans tarder.

Gaston Lagaffe, mon modèle au travail

Gaston Lagaffe, mon modèle au travail

Mais vraiment, je suis fatigué : il faut que je fasse une sieste, tout de suite, la tête posée sur la table. Je sombre instantanément. Vingt minutes plus tard j’émerge, l’esprit encore un peu dans le vague. C’est le moment de rassembler tout ce qui me reste de motivation. Je vais la chercher jusqu’aux tréfonds de mon être : profondes respirations pour faire abstraction de la fatigue, visualisation de la semaine à venir à Cannes, quelques claques pour un réveil plus efficace… Ça y est ! Je suis prêt à m’y remettre !

Deux copies plus tard, un professeur entre. Il a cours dans la salle où je travaille. Je dois couper court mon élan, ranger mon barda, récupérer mes copies, trouver une autre pièce pour faire mes corrections, et me motiver à nouveau. C’est fait sans trop de peine, d’autant que l’heure qui tourne commence à m’inquiéter pour de bon.

À 14h30, c’est bon ! Je n’ai pas été excessivement efficace, mais ça aurait pu être pire. Je saute sur mon vélo et pédale à perdre haleine vers mon spot à stop. Je me gare, et sans plus tarder je dégaine mon pouce. Ce n’est jamais évident de sortir d’une grande ville, je sais que je vais potentiellement attendre longtemps ici. Si toutefois on me laisse occuper les lieux : je vois du coin de l’œil des employés de la mairie qui semblent me regarder avec suspicion. Vont-ils m’intimer de partir ? Je pense avoir le droit d’être ici, mais on ne sait jamais. Leurs regards se font plus insistant, jusqu’à ce l’un d’entre eux m’appelle.

“David !”

Comment ça David ? On se connaît ? Les rouages de mon cerveau tournent à en perdre haleine pendant quelques secondes. Est-ce que je le connais du parkour ? Non. De l’église ? Non. Des études ? Non. D’une soirée ou d’une autre ? Non. J’ai peut-être été à l’école avec lui quand j’étais enfant ? Je vais à sa rencontre, un rien déconcerté.

“Les gars c’est David Pagnon, c’est une star ! Il a gagné Ninja Warrior !
– Ah ! C’était donc ça. Ça fait un moment qu’on ne m’avait pas reconnu dans la rue. Je ne suis pas tout à fait une star non, et je n’ai pas gagné Ninja Warrior !
– Si si t’es une star. On vient de planter un arbre ici, tu veux pas le grimper pour nous faire une petite démo ?
– Hum en réalité j’aimerais bien, mais j’ai beaucoup de route et je suis déjà en retard…
– Tu vas où en stop ?
– À Cannes ! Pour Ninja Warrior oui, et c’est une drôle de coïncidence en effet !
– D’accord vas-y, bonne chance !”

C’était ma foi plutôt rigolo. Je m’en retourne faire du stop, avec un sourire un peu moins forcé. Pour autant, ça ne mort pas bien à mon pouce. Je dois en principe être à Cannes à 19h, ça va être très compliqué ! Je regarde rapidement les horaires de train sur mon portable : j’ai une bonne réduction sur toute la région, peut-être que je pourrais prendre le train jusqu’à Valence, et repartir de là en stop ? Ça m’offrirait une heure de répit.

Il y a un train dans 15 minutes, c’est parfait ! Je récupère mon vélo en courant, file vers la gare, prends un billet en vitesse, juste à temps pour être à l’heure sur les quais ! Eh non. J’aurais dû être plus attentif, les grèves font rage ce mois-ci et la plupart des trains non annulés sont remplacés par des bus. C’est à la gare routière que j’aurais dû me trouver. J’ai acheté un billet pour rien, et manqué mon bus. Le prochain est dans bien trop longtemps. La queue entre les jambes, je repars faire du stop. Pas depuis le même endroit par contre : j’aurais trop honte d’exposer mon échec aux paysagistes qui m’admirent tant. C’est l’occasion de tester un autre spot !

Je pose le vélo un peu plus loin pour prendre le tramway. Où ça ? Aucun souvenir. Je ne m’en formalise pas pour l’instant, en revanche à mon retour je passerai plus d’une heure à le chercher sans succès. Pour l’heure, j’embarque, je somnole juste assez dans le tram pour manquer mon arrêt, je me résigne à aller jusqu’au terminus. La route sera déserte là-bas, mais je serai dans la bonne direction. Il me faudra trois quart d’heure de marche pour aller à pied jusqu’au péage, mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire mieux. Je lève mon pouce quand des voitures passent, au cas où.

Et contre toute attente, une voiture s’arrête ! C’est le début d’une période faste : je me fais prendre par un cuisinier aux airs hippies, puis par une connaissance qui passait par là (c’est inhabituel, sans être rare non plus), par un professeur passionné de sciences économiques et sociales, par un jeune banlieusard sympathique qui parle fort, par un retraité toujours capable de faire le grand-écart, avec ses jambes autant qu’entre sa bienveillance évidente et ses propos un peu racistes. Puis par un camionneur enthousiaste, par une fille audacieuse, par un ambulancier en formation. Et pour finir, par un homme complètement ahuri par mon extravagante démarche d’autostoppeur. Pourquoi chercher volontairement les problèmes, lorsque la vie propose des alternatives plus confortables ?!

En tout cas j’avance. À petits pas, mais j’avance.

L’entropie

Malheureusement, il semble que pour que l’équilibre du monde soit conservé, toute période faste se doive d’être contrebalancée par une période néfaste. Voire deux, ou plus, si on en croit le second principe de la thermodynamique qui impose à l’entropie d’augmenter . Autrement dit, peu importent nos efforts à court terme, à long terme tout système soumis à la physique galiléenne ne peut qu’aller vers le chaos. Une réussite implique deux échecs. C’est la loi de la vie, c’est triste, c’est démontré. Et ne me parlez pas de rigueur, je suis de mauvaise humeur.

L'entropie d'après Calamities of nature.

L’entropie d’après Calamities of nature. “Tôt ou tard, nous faisons tous des erreurs dans la vie. Mais malheureusement, on peut bien essayer autant qu’on veut, il est impossible de changer le passé.” “#@%*ing entropie”

Toujours est-il que j’arrive au péage d’Aix-en-Provence. Aix-en-Provence a la réputation d’être une ville un peu huppée, ce qui ne va jamais très bien avec la solidarité. Je crains d’attendre un peu, mais je ne me fais pas trop de souci. Je suis sur la route directe vers Cannes, Nice et Monaco, une route bien fréquentée et sans détour, c’est un endroit où les voitures peuvent ralentir et me jauger du regard avant de s’arrêter. Je serai sûrement en retard, toutefois avec un peu de chance le tournage sera aussi long que l’année dernière et mon pote passera à 3h du matin au lieu de 19h. Une ou deux heures en plus ne devraient pas faire de grande différence.

Une seule chose à prendre en considération : je dois éviter Toulon. Si je me trompe, je quitte l’autoroute pour des routes à la fois plus lentes et moins passantes, et je traverse des villes dont j’aurai le plus grand mal à sortir. La suite de l’histoire est évidente, vous l’avez compris.

“Bonjour, on va à la Ciotat !
– Je vais à Cannes, c’est dans la bonne direction ?
– Je crois, oui !
– Ok je monte, merci beaucoup !”

L’erreur du débutant.

J’attendais depuis un moment déjà. Je ne voulais pas rater cette opportunité, je n’ai pas pris le temps de vérifier l’information. Deux minutes plus tard, le GPS est formel : on est dans la direction de Toulon. Bon. C’est fâcheux, et je ne peux pas descendre avant la prochaine sortie. J’espère vraiment que le tournage va prendre beaucoup de retard. Je viens spécifiquement pour encourager quelqu’un, je m’en voudrais de manquer son passage ! Au prochain péage, j’emprunte une autre voiture dans le sens inverse. Je me fais déposer à nouveau près d’Aix, où un conducteur me déclare, très sûr de lui, qu’au point où j’en suis il vaut mieux continuer vers Toulon. Ce sera plus rapide. Une fois encore, je fais confiance – à tort – et j’embarque.

J’ai beau réaliser assez tôt que ce conseil n’est pas avisé, je me tiens à cette décision. J’ai fait assez d’aller-retours inutiles pour la journée. Je passerai par Toulon, tant pis pour moi, tant pis pour les mauvais augures. On me dépose à l’entrée de la ville, complètement perdu. Je demande ma direction à un kebab, j’injecte un peu de courage dans les restes d’entorse de ma cheville droite, et je me lance dans une traversée à pied de l’agglomération. Il commence à faire nuit et je dois me dépêcher. Un peu d’optimisme que diable !

Toulon n’est vraiment pas une ville favorable au stop. Un tunnel inaccessible aux piétons happe toutes les voitures qui compteraient en faire la traversée. Je ne trouve aucun rond-point, aucun feu rouge en direction de la sortie ; encore moins un endroit où se garer en sécurité. Je me poste à une intersection quelconque, sachant très bien que les voitures n’iront probablement que quelques mètres plus loin. Dans le cas hypothétique où un conducteur comptait malgré tout sortir de ville, je doute fort qu’il me prenne au passage : il fait noir, j’ai l’air désespéré, je suis toujours chauve et va-nu-pieds.

Quand je réalise enfin que je fait plus taulard que jamais, je me décide à marcher jusqu’à la prochaine aire de repos. En prenant soin de rester protégé par les barrières de sécurité quand même, lorsque c’est possible. Je lève occasionnellement le pouce dès que je pense que la configuration laisse une chance aux voitures de s’arrêter. C’est décourageant et ça fait mal au bras. À 22h, après une heure et demie de marche, une preuse demoiselle s’arrête finalement pour secourir un chevalier en détresse. Elle me conduit jusqu’à une station d’essence.

Il n’y a personne. Absolument personne. Seulement quelques jeunes qui passent remplir le réservoir de leur scooter. Et un consommateur de café compulsif (piéton) qui passe ses nuits d’insomnies à faire de la mécanique automobile. Puis un pilier de bar en manque de bar, qui me confie l’air absent que son oncle est catholique traditionaliste et célèbre les messes en latin. Ah bon, ça existe encore ? Pourquoi pas ! Il n’y a pas de raison qu’on doive pratiquer sa religion dans une langue ou dans une autre j’imagine. Ceci dit, ce serait sensiblement moins inquiétant s’il évitait de regarder le mur de derrière à travers mon corps.

Quoi qu’il en soit, le propriétaire ne voit pas d’inconvénient à ce que je passe la nuit au chaud ici. Pas besoin de dormir dehors ! J’en serais presque à le regretter, bizarrement. Il faudra que je rattrape cet acte manqué. Je me console en mangeant le repas que je me suis préparé la veille, des galettes de graines pour oiseau garnies de carottes et de fanes de radis. Excellent, nourrissant, amusant, bon marché, toutes les raisons sont valables pour essayer !

Quatre heures plus tard j’ai bien apprécié la faune des lieux, mais j’ai d’autres objectifs. J’aimerais bien me mettre en mouvement, et pas l’ombre d’un potentiel covoitureur ne s’est annoncée. Pour me donner du courage, je fais l’inventaire de mes citations spéciales auto-stop.
Tout vient à point à qui sait attendre” de Rabelais. Bon. J’attends.
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage” de La Fontaine. D’accord. Des gens plus intelligents que moi l’ont dit, je veux bien faire un effort.
Prudence est mère de sûreté“, proverbe du XIXe siècle. J’estime personnellement qu’il serait plus prudent d’avancer pour me coucher dans un lit. C’est un détail j’imagine…
La nature fait les choses sans se presser, et pourtant tout est accompli” de Lao Zi. C’est bien beau, mais la nature et moi nous ne vivons pas dans le même paradigme temporel. Contrairement à la nature, je peux mourir de vieillesse en attendant le prochain conducteur moi !
La logique te conduira du point A au point B. L’imagination t’amènera de partout” d’Albert Einstein. C’est ça oui. N’importe quoi, vraiment.
Le même physicien a également écrit que “La vie, c’est comme conduire une bicyclette: pour ne pas tomber, il faut avancer.” Oui ! Exactement ! Voilà, justement j’arrête pas de ne pas avancer là ! C’est un échec, c’est une chute, c’est la tombe ! Tout cumulé, j’ai dû passer au moins 72h à attendre aujourd’hui.

Petite pause devinette : auquel de ces deux personnages est-ce que je m'identifie le mieux ?

Petite pause devinette : auquel de ces deux personnages est-ce que je m’identifie le mieux ?

À 2h30 du matin, la providence se décide enfin à donner un coup de pouce à mon pouce empoussiéré ! Un camionneur va jusqu’à Cannes, il est prêt à me déposer sur les lieux mêmes du tournage. Il m’explique que ce n’est pas de la générosité complètement désintéressée : en bon musulman il veut gagner des Hassanates. Autrement dit, des bons points échangeables contre un ticket pour le paradis ; insha’llah, si Dieu le veut bien entendu. Par ailleurs, la reconnaissance de ses prochains lui est une récompense qui à elle seule vaut bien un petit effort. On passe deux heures à parler de religion, il me semble que lui comme moi en sortons enrichis. Effectivement il y a des différences fondamentales entre le christianisme et l’islam, mais les points en commun sont bien présents. Bien plus qu’entre n’importe quelle religion et l’athéisme.

J’arrive donc à 4h du matin, juste à temps pour apprendre que mon ami vient de tomber à l’eau. Ah. Raté. Je lui aurais été bien utile. Super le supporter. Il devra donc rentrer chez lui dès le petit matin, à 10h. En ce qui me concerne, je n’ai pas encore dormi, le temps de rentrer à la résidence il sera 5h ou 6h, il faudra se lever à 9h, et une bien longue journée d’autostop m’attendra encore. Tout ça, avec un gros manque de sommeil accumulé sur les derniers jours.

À moins qu’il ne soit repêché ? On me rappelle qu’il y a 12 places par séries en demi-finales. Si moins de 12 personnes ont atteint le buzzer, la qualification se jouera au chronomètre sur le dernier obstacle franchi. Il reste donc un espoir. Un espoir de représenter un meilleur supporter, et un espoir de me reposer avant de rentrer chez moi.

 


Références

[1]↑ Édition revue et améliorée de l’adage romain : “Si vis pacem, para bellum” (Si vous voulez la paix, préparez la guerre). https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_vis_pacem,_para_bellum. Je ne suis pas d’accord. Si ni les jeux ni les publications scientifiques ne vous intéressent, croyez-en les mots plus littéraires de Léon Blum (“Le socialisme selon Léon Blum”, David Frapet) ! https://books.google.fr/books?id=CdUArOzj9XwC&pg=PA108

[2]↑ Un article absolument magnifique, facile à lire et éclairant, qui démontre qu’à long terme, l’altruisme est une meilleure stratégie que l’individualisme. La théorie de l’évolution, ce n’est pas la loi du plus fort, mais la loi du plus sympa. La coopération finit toujours par primer sur la compétition. http://www.mercialfred.com/topos/confiance-loi-du-plus-sympa

[3]↑ Un “serious game” non moins magnifique, simple et ludique, qui démontre mathématiquement que la confiance est la clé du succès. http://ncase.me/trust/

[4]↑ “Le guerrier pacifique”, livre de Dan Millman qui a également été adapté en livre. Pour être honnête, on y parle de guerre intérieure contre ses propres faiblesses et ses défauts, plutôt que contre les personnes qui nous entourent. Quoi qu’il en soit, ça ne s’applique pas du tout à une émission de télé compétitive. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Guerrier_pacifique

[5]↑ Les raisons pour lesquelles je ne veux pas participer à Ninja Warrior (et celles pour lesquelles j’y ai finalement participé l’année dernière). https://david-pagnon.com/fr/competition-parkour-beaux-principes-confrontes-a-pratique/

[6]↑Les autres articles que j’ai écrits en relation avec Ninja Warrior.
Casting de Ninja Warrior : https://david-pagnon.com/fr/mode-demploi-pour-une-vie-chaotique-2/
Émission. Le personnage : https://david-pagnon.com/fr/ninja-warrior-le-recit-le-bilan/, Les journées : https://david-pagnon.com/fr/ninja-warrior-le-recit-le-bilan-2/, Épreuves et bilan ! https://david-pagnon.com/fr/ninja-warrior-le-recit-le-bilan-3/
Interview et réflexions : https://david-pagnon.com/fr/interview-rcf-le-sport-au-coeur-de-la-foi/

 

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