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David Pagnon

Du stop, un cimetière, et un peu de ninja [2]

Du stop, un cimetière, et un peu de ninja [2]

Du stop, un cimetière, et un peu de ninja [2]

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La première partie ici.
Le récit de ma participation de l’année dernière ici.
La vidéo ici.

Résumé de la première partie : Je ne veux pas participer à Ninja warrior cette année, mais je fais quand même le déplacement. Pourquoi ? Pour encourager des amis, pour tenter de négocier une place de testeur d’obstacles, et surtout pour me prélasser dans la fange des regrets de ne pas être de la partie. Également, je veux rendre visite à la tombe de mon père, que je n’ai jamais vue.

De l’autostop, cimetière, et un peu de ninja [2]

“La mort, c’est comme une compétition où chacun espère arriver le dernier.” Maurice Chapelan

Les regrets

Avant les regrets, les bonnes nouvelles. Mon collègue tombé à l’eau lors des séries est repêché ! Il aura donc le plaisir de participer à la demi-finale de Ninja Warrior, et moi celui de l’encourager pour de vrai. Dans l’intervalle, j’en profite pour dire bonjour aux participants. Je croise également une partie du public qui me reconnaît : la faute à mon crâne chauve identifiable entre tous, j’imagine. Le staff et les présentateurs Denis Brogniart et Christophe Beaugrand ne m’ont pas oublié non plus ! Ils m’alpaguent pour savoir comment je vais, et quel jour je passe. Les avis sont unanimes : tous sont déçus de ne pas me voir participer. Peut-être même, selon l’une des organisatrices,  qu’il est encore temps de m’insérer dans la dernière des séries ?

Je m’étais préparé à la tentation, eh bien heureusement. Le chant des sirènes… Je passe à deux doigts de saisir l’opportunité, seule ma cheville encore un peu fragile parvient à me raisonner. Tous ces gens qui m’aiment ! J’ai vu les obstacles en passant : ils ont l’air plus amusants que jamais, leur vue m’enchante à l’oreille. Le buzzer m’appelle, tant pis pour la douche froide en cas d’échec ! Je sais que ce sera encore plus difficile lors que je verrai mes amis sur le parcours. Ah bon, seuls les faibles se font bouffer par le système ? [1] Pas sûr que j’aie la force mentale de me contenir l’année prochaine.

À quoi bon, me diriez vous ? Est-ce que je ne me prends pas la tête pour rien ? C’est bien probable, en tout cas j’avoue me poser la question… Ce n’est pas facile de faire passer les intérêts de la communauté de parkour avant les siens [2], surtout lorsqu’on a l’impression de lutter pour une cause perdue. Rester fidèle à ses valeurs c’est bien, mais ça ne fait pas grimper son nombre d’abonnés sur Instagram. Et ça, c’est vraiment dur.

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Full video on my facebook page A nice session with @chopmathieu from the @west.coast.family on the amazing roofs of Cannes! While others got ready for the shooting of @ninjawarrior (we're there as supporters this year), we had fun! We played add-on: he suggested a move; I added one; he added an other one, and in the end we had two nice, cardio runs! The set there was perfect for this kind of games. Une bonne session avec Mathieu Chop de la West Coast Fmily sur les super toits de Cannes ! Tandis que d'autres se préparaient au tournage de ninja warrior (on ne participe pas cette année), on s'est bien amusés ! On a fait un add-on : il proposait un mouvement, j'en ajoutais un; puis il en ajoutait un autre. On s'est retrouvé avec deux runs sympathiques et bien cardio ! L'environnement se prêtait parfaitement à ce genre de jeu. Musique: We Are One – Vexento https://david-pagnon.com https://www.facebook.com/DavidPagnonPro/ https://www.instagram.com/DavidPagnonPro/ http://youtube.com/DavidPagnon https://www.linkedin.com/in/DavidPagnonPro/ #ninjawarrior #ninjawarrior2017 #njw2017#ninjawarriorfrance #ninja #christophebeaugrand #denisbrogniart #cannes #tf1#parkour #davidpagnon #david #teamfpk #fpk#freerun #freerunning #makelovenotwar #peace #add #artdudeplacement

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Le lendemain a lieu la dernière série, avec laquelle s’envole tout risque de participation à l’émission pour moi. C’est autant un déchirement qu’un réconfort. Et puis je peux m’entraîner autant que je veux, je n’ai pas à m’économiser pour les 3 minutes d’effort de la compétition. Je grince des dents, j’encourage, je regrette, je me fais une raison, je suis finalement heureux des divers succès auxquels j’assiste !

Si l’ambiance est bonne, elle reste néanmoins gâchée par cette pression de la compétition et par la télévision omniprésente. Je suis partagé entre les regrets amers, et le soulagement de rester hors de cette frénésie tourbillonnante. Cette nuit encore, l’heure du coucher est dépassée depuis longtemps lorsqu’on se sépare : j’étais déjà très fatigué la veille, j’ai maintenant une dette de sommeil abyssale à rattraper. J’attends mon lit avec impatience.

Mon lit ? Quel lit ? Le destin a entendu mes regrets de ne pas avoir dormi dehors la nuit dernière, et se rappelle à mon bon souvenir. Pour une raison qui m’échappe encore, je ne peux pas me faire héberger ce soir. C’est regrettable, et j’aimerais bien comprendre, mais c’est comme ça. Je pourrais me faire héberger par d’autres amis, mais il est un peu tard pour leur imposer ma présence. Et surtout, ma fierté en a pris un coup. Le seul moyen de la restaurer serait de me réclamer d’un acte héroïque. Comme sauver un enfant coincé au balcon du 5ème étage, ou déjouer un acte de terrorisme. Voire, à défaut, de simplement dormir à l’extérieur. Une vie de héros à la mesure de mes moyens.

C’est l’occasion pour moi de dégainer mon nouveau hamac, parfait pour un dodo frais, aéré et original. Je me balade quelque temps dans l’immense résidence de vacances où les warriors de l’extrême sont luxueusement logés, jusqu’à y trouver un arbre quelque peu isolé. Ça va être du sport ; du sport pour mes méninges surtout. Je n’ai pas de corde pour accrocher le hamac. Heureusement, j’ai un peu de matériel de survie que je transporte de partout. En particulier, un mousqueton, et une cordelette de 3 mm de diamètre. Celle-ci peut supporter jusqu’à 250 kg, mais à l’époque je je crois qu’elle n’en sécurise que 80. Dans tous les cas, ce n’est absolument pas une utilisation recommandée.

80 kg maximum donc, et j’en pèse moins de 70. Mais j’aurai mon sac avec moi dans le hamac, qui n’est pas si léger. Il est bien possible qu’à nous deux nous atteignions les 80 kg. Par chance, ce poids sera réparti entre les deux accroches. De combien sera-t-il exactement ?

Appelons les équations à la rescousse, qui nous disent qu’en théorie, si les deux accroches sont juste au dessus de moi, la force exercée ne sera que de la moitié de ces 80 kg. En revanche, si le hamac est tendu complètement à l’horizontale sans la moindre flexion, la corde sera soumise à une force infinie.

Ma cordelette sera donc soumise à une traction située dans une fourchette de 40 kg à l’infini. Ça manque de précision sur la borne supérieure je crois : il va falloir affiner les calculs. Pour les besoin de l’expérience, supposons que le hamac forme un angle de 30° avec l’horizontale. Une rapide trituration des équations de base de la mécanique nous prodigue la formule suivante : la force exercée sur la corde est de F = Poids / 2sinα. Or dans notre cas, sin30° = 1/2. Donc F = Poids / 2*½, soit une force exercée exactement équivalente à mon poids. La ficelle pète à 80 kg, je pèse 80 kg.

Mince. Pas le moindre kilo à soustraire à la balance. Je n’ai aucune marge théorique, on va espérer que les fabricants ont triplé les leurs et que la corde est un peu plus solide que prévu. Mais que dire des nœuds, qui sont des points de fragilité supplémentaires de la corde ? Quid de la durée de traction sur la cordelette, qui ne sera pas seulement d’un court instant mais de toute une nuit ? Et que penser des frottements de la corde sur les branches rêches de l’arbre, qui seront empirés par le moindre de mes inévitables mouvements ? Mon oncle est en fauteuil roulant, il est tombé de 3m de haut sur les fesses. Si je tombe pendant mon sommeil d’une hauteur approximativement similaire, il y a des chances que je subisse le même lot.

Faute de matériel adéquat, je prends le maximum de précautions possible. Je protège la corde de la rudesse de la branche avec des chaussures, une serviette de bain, des habits sales. J’installe plusieurs points de fractionnement pour répartir la traction du hamac sur plusieurs brins : si la cordelette ou la branche lâche, je serai toujours retenu par une accroche de secours. Et avec un peu de chance, le claquement me réveillera. Dans le doute, je programme une alarme toutes les heures et demie pour avoir le loisir de vérifier les attaches entre chaque cycle de sommeil. Et pour envisager le pire des cas, je mets un tapis de sol dans le hamac.

Peut-être que je ne me réveillerai pas paraplégique. Du moins je l’espère.

 

Autant dire que je passe une mauvaise première partie de nuit. Je me réveille constamment, je ne suis pas tranquille, et puis j’ai froid ! Quand il commence à pleuvoir, je me lève pour de bon. Je décide finalement de lâcher l’affaire, et je vais squatter par terre chez un pote. À quoi bon vouloir passer pour un guerrier, si je ne participe même pas à Ninja Warrior ?

Le cimetière

Je me réveille fatigué, prêt à dire bonjour et au revoir aux amis qui ont eu pitié de moi pour la nuit. Puis je m’en vais pour la virée du jour. Je veux aller voir la tombe de mon père, que je n’ai jamais eu l’occasion de visiter. À sa mort, lorsque j’avais 9 ans et que mes 4 sœurs étaient encore bien plus jeunes, il a été enterré au cimetière de Nice Est. La situation était trop compliquée à tous niveaux pour qu’on puisse même assister à la cérémonie. Il est temps de rattraper cela.

Aujourd’hui, la fatigue et la pluie sont de la partie, comme de rigueur avec un tel programme. Quelques galères en ajouteront une couche pour me mettre dans l’humeur adéquate. Je marche 40 minutes, je prends un train jusqu’à Nice, et je découvre sur place que le cimetière est à plus de 2 heures à pied de la gare, perché sur le flanc d’une colline isolée. Je bataille avec les vélos bleus de la ville avant de réussir à en déverrouiller un, je change de moyen de transport pour le bus lorsque je sors des limites de la circonscription, j’enchaîne avec un peu de stop, et je finis à pied. Avec mon reste d’entorse. Marche, train, vélo, bus, stop, marche. Il me semble que tous les moyens de transports imaginables ont été employés pour cette visite, à l’exception de l’hélicoptère et de la navette spatiale.

Les lieux sont immenses, 42 hectares. La demeure des morts couvre la totalité de la colline. Des tombes s’étalent à perte de vue. Quant-à moi, je n’ai aucune idée d’où chercher mon père et je me vois mal vérifier les noms un à un. Commençons par trouver le bureau des gardiens, ce sera un bon départ.

On m’y donne un plan, et on m’explique la situation. Mon géniteur a été enterré au carré 52, allée 5, emplacement 9, numéro 154787. Presque aussi anonyme qu’un astéroïde [3]. Mais il n’est plus là depuis 2012, faute de paiement du “loyer”. L’a pas payé papa Pagnon. On l’a donc gentiment transféré dans l’ossuaire 18, l’une des trois fosses communes qu’il partage avec les ossements des 1000 nouveaux résidents déversés par an.

Bon. Je ne savais pas, mais de toute façon vus les tarifs et vus les moyens de la famille à l’époque, le savoir n’aurait pas changé grand chose. Et puis honnêtement, ça y est c’est fini, il est mort pour toute la vie. Les restes de son corps décomposé, il s’en fiche probablement comme de sa dernière chemise. À sa place, je n’aurais pas voulu affamer les vivants pour garder un mort en terre. Je suppose que ça ne me choque pas. Et pourtant, ça me fait un drôle d’effet.

Je vais quand même voir l’emplacement de l’ancienne tombe, où quelqu’un a été enterré depuis. Après les tombes luxueuses qui auraient fait pâlir d’envie plus d’un vivant, le carré 52 est un peu le carré des pauvres. À défaut de pâlir, je broie un peu du noir. J’y retrouve le remplaçant de mon père, un certain Lucien Dubert. Je l’honore d’un beau pissenlit pour lui signifier que je ne lui en veux pas, en espérant qu’il n’y voie pas un rire jaune de ma part. Au contraire, avec le soleil qui se découvre derrière la pluie, j’ai toutes les raisons de voir la vie en rose, peut-être même en arc-en-ciel.

Puis je me dirige vers l’ossuaire, aka le cimetière des très très pauvres. C’est plutôt joli, et beaucoup moins glauque que je ne l’avais anticipé ! Les macchabées sont enterrés au milieu d’un rond point de buissons aux feuilles pourpres, propre et bien entretenu par des paysagistes à la main verte. J’en suis bizarrement assez reconnaissant.

Ça y est ! J’ai fait ma visite ! Je suis bien content de connaître les lieux, et bien que tout se mélange un peu dans ma tête, je ne pense pas être triste. Il est temps de rentrer dans le monde des vivants maintenant. Je me poste en bas de la colline pour faire du stop jusqu’au centre-ville… Et c’est le gardien du cimetière qui m’offre une place dans sa voiture. C’est parfait, ça me permettra de lui poser les quelques questions qui me restent !

Nous avons une conversation tout à fait décontractée sur les aspects financiers des différentes options de stockage des corps, une fois que leurs propriétaires ont quitté notre monde. En gros, il y a trois options possibles. On peut désirer être enterré, ce qui impose de payer un petit forfait pour les travaux de la pelleteuse, puis un modeste loyer pour le lopin de terre réservé. Ou on peut préférer être réduit en cendres. Le processus est cher, mais il n’y a pas d’emplacement à payer. Si on est Italien cependant, il faudra faire l’opération en France : il paraît que le Vatican n’accepte pas la crémation.

Dernière option que je ne connaissais pas, on peut louer une case. La location est relativement chère, en revanche il y a d’autres avantages. Tout d’abord, pas de trou à creuser. Ensuite, on peut y mettre autant de gens qu’on veut “tant que ça rentre”. À chaque nouvelle arrivée dans l’au-delà, le personnel du cimetière fait ce qu’on appelle une “réduction” des macchabées déjà présents, ce qui consiste à récupérer les os pour les mettre en boite. Un bel euphémisme si vous voulez mon avis. La charmante idée derrière cet usage aux atours barbares : y placer des familles entières, ou des couples que même la mort n’aura pas réussi à séparer.

Ceci est bien beau, à la simple et évidente condition que la réduction puisse avoir lieu. Si deux personnes meurent à peu d’intervalle par exemple, le premier n’aura pas eu le temps de se décomposer entièrement avant qu’on y place le petit nouveau. Et puis d’après mon croque-mort, même avec des décès espacés dans le temps c’est parfois compliqué : l’alimentation moderne et les médicaments aidant, de plus en plus de gens ont le corps bourré de conservateurs. Les corps mettent beaucoup de temps à se putréfier. Ce qui est un problème pour les petites cases familiales, mais aussi pour l’ensemble du cimetière. Certains sont encore entiers 30 à 40 ans après leur mort…

Bref. J’arrive à la gare, serrant la main de mon indic pour le royaume de l’outre-monde. Ce fut une journée qu’il me fallait vivre. C’est aujourd’hui la veille de Pâques, demain Jésus est ressuscité et on est tous contents ! Perfect timing.

Le retour

Deux heures plus tard, je suis passé du cimetière et des pensées torturées, à la plage de Cannes et aux amis détendus. Une courte baignade dans la mer du mois de mars me fait du bien. Ça me change les idées. Je finis la soirée dans les gradins, où j’encourage à peu près tous les candidats de la demi-finale.

Le lendemain il pleut. La finale va être décalée de quelques jours. Que faire ? Rester ici et y errer sans but ? Ou rentrer à la maison ? D’ici la fin de la semaine, je dois être à l’autre opposée de la France pour un spectacle. J’ai vu ce et ceux que j’avais à voir ici, je n’ai pas réussi à intégrer l’équipe de testeurs d’obstacles, la vie m’appelle autre part maintenant. Et rentrer chez moi fera plaisir à ma femme.

Par ailleurs, un de mes amis vient de se faire disqualifier. Dommage pour lui, tant mieux pour moi ! Il habite Annecy et passe par Grenoble, il me propose de faire le trajet avec lui. Si ça peut m’éviter quelques galères de stop, ça sera toujours ça de pris ! Je pars donc dès le lendemain matin, assez peu inquiet du fait que les finalistes dussent se débrouiller sans mes encouragements.

À mi-chemin environ, je reçois un message du responsable de l’équipe de testeurs : “Bonjour David, désolé de ne pas avoir répondu plus tôt. Es-tu encore à Cannes ?”

Ah. Un acte manqué, un vrai. J’aurai au moins la satisfaction d’avoir une nouvelle fois illustré la loi de Murphy [4] !

 


Références

[1]↑ Référence au refrain d’Orelsan dans “Le chant des sirènes” :
“J’entends les chants des sirènes
Regarde autour de moi tous ces gens qui m’aiment
J’veux toucher l’soleil avant qu’la pluie n’vienne
T’inquiète pas, seuls les faibles se font bouffer par le système”

[2]↑ Les raisons pour lesquelles je ne veux pas participer à Ninja Warrior (et celles pour lesquelles j’y ai finalement participé l’année dernière). https://david-pagnon.com/fr/competition-parkour-beaux-principes-confrontes-a-pratique/

[3]↑ D’ailleurs, saviez-vous que l’astéroïde numéro 154787 porte le doux nom “2004 PJ53” ? Moi non plus, je viens de trouver, et vous n’imaginez pas à quel point ça me réchauffe le cœur. https://minorplanetcenter.net/db_search/show_object?object_id=154787

[4]↑ La loi de Murphy, selon laquelle si quelque chose a une chance de mal tourner, à force de multiplier les essais elle finira statistiquement par tourner mal. https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Murphy

[Plus] Pour les curieux, voici les autres articles que j’ai écrits en relation avec Ninja Warrior.
Casting de Ninja Warrior : https://david-pagnon.com/fr/mode-demploi-pour-une-vie-chaotique-2/
Émission. Le personnage : https://david-pagnon.com/fr/ninja-warrior-le-recit-le-bilan/, Les journées : https://david-pagnon.com/fr/ninja-warrior-le-recit-le-bilan-2/, Épreuves et bilan ! https://david-pagnon.com/fr/ninja-warrior-le-recit-le-bilan-3/
Interview et réflexions : https://david-pagnon.com/fr/interview-rcf-le-sport-au-coeur-de-la-foi/

 

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