David Pagnon

La voiture, ça me dépasse

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La voiture…

Au menu aujourd’hui, les dernières nouvelles de la préparation de mon mariage, que j’attends avec impatience !

Il est 15h50, Mikaela et moi avons rendez-vous avec une de mes amies danseuses à 16h. Rien d’extraordinaire, la vie suit son cours. Je mets le contact, la voiture tousse, et ne démarre pas. J’essaie à nouveau, elle tousse toujours, et ne démarre toujours pas. Mikaela tente l’expérience, la voiture tousse encore, et ne démarre pas. Bon.

Tout ceci est bien fâcheux, mais ça n’explique pas pourquoi j’ai une voiture. En effet, je n’ai pas de voiture. Celle ci appartient à un ami, qui vient de partir en vacances en Écosse avec sa femme. Il était bien ennuyé que son bolide se retrouve privée d’un pilote déterminé à la faire monter dans les tours, et m’a demandé de lui rendre ce service. Pour aujourd’hui, c’est compromis. Est-ce que je l’appelle pour lui annoncer que son véhicule n’est plus ? Est-ce que j’aurai la cruauté de lui gâcher ses vacances d’entrée de jeu ?

La Renault Mégane 1de 1997, un bolide je vous dis !

Non. C’est méchant et la méchanceté c’est pas gentil. Et puis je n’ai plus de téléphone, il faut en être conscient. Je n’ai plus internet non plus du coup, puisque c’est mon téléphone qui fait office de box pour mon ordinateur. Et au passage, mon ordinateur en a profité pour rendre l’âme. J’ai malgré tout pu trouver un nouveau téléphone sur internet en allant chez un ami. Il se trouve que contrairement à ce que je pensais, il ne sera pas livré en 2 jours mais en 20 jours. De toutes façons, je viens de perdre les clés de ma boîte aux lettres et je ne vois pas comme le récupérer.

L’ensemble, admettez-le, altère un peu les conditions idéales que j’attendais pour préparer mon mariage. Et pour préparer les papiers de mon étrangère d’épouse. Et notre déménagement. Et tous les projets professionnels et associatifs dans lesquels je suis impliqué, qui ne m’attendent pas pour être urgents. C’est peut-être mieux pour Mikaela, elle n’aura pas eu trop longtemps d’attentes irraisonnées sur notre vie de couple ! Elle aura déjà vu le pire et comme on dit, qui peut le pire peut le mieux.

Bref, à l’heure actuelle il est 15h52, la voiture ne démarre pas, j’ai 8 minutes pour trouver une solution et rejoindre Ophélie. Pas de miracle ni de super pouvoir en vue, il faut abandonner. Et prévenir Ophélie. J’utilise donc le portable de Mikaela, après avoir découpé ma carte SIM pour qu’elle y entre. Je n’ai aucun contact sur ma carte SIM, il va me falloir les trouver sur internet ! Quelques mots de passe erronés plus tard j’ai le bon numéro, je me confonds en excuses, et je suis pardonné.

C’est pourtant pas faute d’avoir essayé !

Ça me dépasse…

Maintenant, reste à trouver une solution au problème de la voiture. Nous sommes dimanche, pas de garage ouvert, seulement des dépanneuses hors de prix. En principe, si le véhicule tousse mais ne démarre pas c’est le démarreur qui est encrassé. Ou autre chose, peut-être ? Je n’y connais pas grand chose. Je passe quelques coups de fil, on me rassure en m’affirmant que je n’y suis sûrement pour rien, et on me donne quelques conseils. De bons conseils porteurs d’un espoir prometteur et encourageant ; également, d’un espoir qui restera insatisfait. La bagnole s’entête à ne pas répondre à mes supplications. Très certainement si ce n’est pas le démarreur, c’est d’un manque d’empathie qu’elle souffre. Sale tacot de mes deux.

Je n’ai pourtant jamais eu de panne de voiture, sauf l’année dernière. J’avais alors loué un véhicule pour voyager avec Mikaela. J’en suis donc à la seconde panne de ma vie, et là aussi la voiture est empruntée pour Mikaela. J’ai un doute. Je lui demande de s’éloigner le plus possible au cas où, et tourne la clé. Contre toute attente, ça ne change rien. Je dois me résoudre à franchir un nouveau palier dans les affres de l’abandon : on ne trouvera pas de solution aujourd’hui.

On ne peut pas rester garés ici, la durée maximum de stationnement est de 8h. Il faudra donc pousser la voiture à mains nues sur l’avenue, jusqu’à trouver une place gratuite où on puisse la laisser quelques jours. Je tiens à préciser que la route est en légère montée. Ne nous voilons pas la face, c’est extrêmement pénible. Mais au moins, ça se règle avec testostérone et virilisme.

Résumons-nous : c’est la galère. C’était déjà la galère, mais là ça l’est plus.
J’avais du temps perdu à regagner, j’y ai gagné du temps perdu ; des problèmes à retrancher, un nouveau s’est ajouté.

Contrairement à d’habitude, y travailler toute la nuit n’y changera rien. Je suis impuissant, totalement. J’aime pas ça, j’aime pas ça du tout. Mais chaque chose en son temps, pensons d’abord aux gentils propriétaires : à votre avis, faudrait-il les appeler tout de suite et gâcher leurs vacances, ou attendre qu’ils reviennent et se retrouvent sans voiture pour le boulot ?