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David Pagnon

Pas de repos pour le guerrier

Pas de repos pour le guerrier

Pas de repos pour le guerrier

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Un peu d’ennui svp, vite !

La vie me fatigue…

Et c’est bien ! Mais à quoi bon lâcher son boulot pour laisser une chance aux opportunité de la vie, si c’est pour que tout le temps qu’on pensait libérer se volatilise dans le néant ?

J’aurais déjà pu prédire cette issue il y a quelques années, lorsque je réussissais à gérer conjointement études avancées, sport intense, musique à gogo et vie sociale soutenue. Plus on est occupé, plus on réussit à trouver des créneaux dans lesquels insérer de nouvelles activités. En revanche, plus on a de temps, moins on est actif. Moins on est actif, plus on gaspille son temps. Plus on gaspille son temps, moins on a de temps. Donc plus on a de temps, moins on a de temps. Paralogisme maintes fois vérifié, à mon grand dam. Quel que soit le nombre de mes engagements ou de mes renoncements, la constante invétérée sera toujours un manque de temps chronique.

Encore ai-je la chance de déroger à l’adage « le temps, c’est de l’argent ». Parce que je sais à quoi j’échappe. Bien souvent, plus on a d’argent, plus on manque d’argent. Ce qui conduit à beaucoup de désillusions au mieux, et beaucoup d’abus au pire. Mais c’est un autre sujet. Pour l’heure, retenez simplement que je manque de temps alors que j’avais tout prévu pour en avoir.

Un exemple vaut mille mot, en voici donc un. Assorti de quelques milliers de mots bien sûr.

Vous est-il déjà arrivé de ressentir la légère frustration d’un week-end qui s’annonce ennuyeux à mourir ? Cette frustration se précisera lorsqu’on vous proposera trois projets différents au moment même où vous trouvez la motivation d’en profiter pour ranger votre appartement et faire vos papiers. Dès lors que vous réaliserez que faire un choix reviendra à sacrifier les deux autres, la frustration deviendra sérieuse. Si par la suite ce plan est annulé et que vous vous retrouvez à avoir été ballotté à droite et à gauche tout le week-end pour au final ne rien en faire, de frustration vous n’avez pour seule envie que de libérer votre esprit créatif sur le premier venu. Par exemple, en constituant un puzzle mille pièces avec la mâchoire de qui ouvrira la bouche en premier.

Vous connaissez ce ressenti ? Vous êtes donc probablement un peu déséquilibré et dangereux, vous devriez consulter. Quant-à moi, j’ai la sagesse de ne jamais envisager la violence comme une solution, à moins que la personne en face soit une femme, un enfant ou un handicapé. Éventuellement un Arabe ou un Rom, s’il parait assez faible pour que ma victoire soit sans péril — et mon triomphe sans gloire, car vivre avec humilité ne me fait pas peur.

En revanche, cette période de ma vie, et en particulier le week-end passé, s’inscrit bel et bien au panthéon des frustrations que la vie me réserve. Au milieu du mois de décembre, je n’avais aucune perspective pour l’année 2016. Ça ne me faisait pas peur: j’avais un peu d’argent de côté, et de nombreux projets personnels à mener. Fin décembre, tout s’est débloqué d’un coup. Une semaine de cirque dans le Vaucluse, une semaine de création de spectacle dans les Cévennes, trois semaines de carnaval de Nice, une semaine de formation au Centre National des Arts du Cirque à Châlon-en-Champagne, une semaine de création à Alès, une semaine d’une autre création à Miramas, une semaine de formation à Marseille, un mois aux États-Unis, une autre semaine de création à Miramas, le week-end de la fédération de parkour, une semaine de création dans le Gard, et on se retrouve début mai. Je résume: mi-décembre je ne sais rien; fin décembre je suis blindé jusqu’au mois de mai, jamais plus de quelques jours à la maison. Tant pis pour mes autres projets personnels.

Je n’irais certes pas jusqu’à me plaindre de ces opportunités. En revanche, j’aurais espéré reposer mon genou qui me maltraite sans raison apparente, et profiter de ce dernier week-end chez moi pour m’y ennuyer avec application.

Ce n’était pas dans les plans du Dieu très haut. On m’appelle pour me proposer de participer au tournage d’un clip de LMZG avec Thomas (pour les curieux, le nom complet est Lamuzgueule, c’est de l’électro-swing qui envoie bien, et le single est « Be wild« ). J’aime vraiment leur musique, je ne peux pas louper ça ! Le premier jour de tournage se passe en compagnie des chanteurs, des musiciens, des danseurs, des divers intervenants, d’un cheval et d’une Chevrolet Camaro. On s’amuse bien.

Le lendemain je vais à l’église, je mange en vitesse chez Thomas, et on rejoint l’équipe à 20 kilomètres de là. C’est un peu plus compliqué cette fois : les cameramen se perdent, les problèmes techniques s’enchaînent, et on est pris par le temps. On fait quand même ce qu’on peut, c’est à dire la moitié de ce qui est prévu, ils en ont l’air content.

Permettez-moi de marquer une pause : je n’ai probablement pas assez mis l’emphase sur le « on est pris par le temps ». On est pris par le temps, et c’est la panique !! Le soir même, je dois en effet partir pour le cirque d’Antoine dans le Vaucluse. On s’est arrangés : plutôt que de faire la moitié du trajet en train et l’autre en stop dans la nuit, je vais le rejoindre à Valence et il me ramènera jusqu’à chez lui. Pourquoi à Valence ? Parce qu’il y est ce week-end, et qu’il y enchaîne 4 numéros de cirque par jour. Il sera d’autant plus fatigué qu’il ne s’est pas reposé une seule journée depuis Noël. Il n’aura probablement pas très envie de m’attendre… Si je loupe le train, je loupe Antoine. Si je loupe Antoine, je loupe ma semaine.

C’est pourtant loin d’être évident. 30 minutes avant le départ de mon train, on est encore en train de filmer, ou d’essayer algré tous les problèmes techniques. Et il y a bien 20 minutes de trajet jusqu’à la gare, sans compter les potentiels embouteillages. On termine à la hâte, on se claque une rapide bise parce qu’on est contents de s’être rencontrés, maintenant il faut speeder ! C’est Salvator qui se dévoue pour me raccompagner. On m’a prévenu, et je l’avais remarqué lors du trajet aller : ce mec est l’un des plus sympathique au monde, mais il paie ça d’une vivacité extrêmement relative. On me conseille de lui demander de prendre le volant : il ne le prendra pas mal, il a l’habitude. Je décide de lui faire confiance malgré tout — moins parce que je suis grand seigneur que parce que je n’ose pas lui demander.

On discute, je vois son front se plisser tandis qu’il tente d’avoir un discours cohérent tout en tâchant de manier les vitesses, avec un empressement qui ne lui est visiblement pas naturel. Il ne se départit pas de son amabilité, et propose de me faire la route jusqu’à Valence si je loupe mon train. J’hésite longuement entre refuser par principe, et accepter par commodité. Sur ce coup là, c’est moi-même qui ne suis pas vivace.

Salvator, quant-à lui, me surprend. Il dépasse effectue pas mal de dépassements avec application, il me semble même qu’à un moment il s’est dépassé lui-même. J’aimerais pouvoir dire qu’on slalome entre les voitures, qu’on prend les virages sur deux roues et les intersections au frein à main, mais ça serait s’éloigner un peu de la réalité. Plus raisonnablement, on se contente de suivre le flux de la circulation. Et ça suffit ! Après un petit raccourci et 20 minutes d’une tension qui me fait craindre l’anévrisme, on arrive à la gare, deux minutes en avance ! J’ai même le temps de composter mon billet…

Au commissariat encore !

Tout va donc très bien. J’arrive à Valence à l’heure, et je sais où rejoindre Antoine. Je m’y dirige d’un bon pas, lorsqu’un adolescent m’arrête :

 » Bonjour monsieur, où est le commissariat s’il-vous-plaît ?

– Alors franchement, j’en ai aucune idée parce que je ne suis pas du coin. Mais je peux regarder sur le GPS si tu veux !

– …

– Deux secondes, je cherche ça… Ah bah tiens ça tombe bien, c’est sur ma route ! Je peux t’y accompagner si tu veux.

– Euuhhh…

– On y va ?

– On y va ? Oui !

– C’est parti ! Je ne vais pas te demander ce qu’il t’est arrivé, j’espère qu’il n’y a rien de grave quand même…

– Désolé, je parle pas très… trop… Je parle pas beaucoup Français…

– Ah ! J’avais pas compris ! Et d’où est-ce que tu viens ?

– De Guinée Bissau.

– Cool ! Tu es en France depuis quand ?

– Deux jours. Hier Marseille, avant Espagne. Maroc aussi.

– Ah d’accord !… Et comment tu es venu ?

– Avec marcher et un peu la voiture.

– Oulà. Tu ne m’as pas l’air d’avoir une vie facile toi… Il y a des problèmes en Guinée ?

– Euuuuh… J’ai pas compris.

– C’est pas grave… Niveau températures, la France doit changer de l’Afrique équatoriale non ?

– …

– Pardon. Il fait froid en France ?

– Ah ! Oui il fait froid. Très très froid ! Très très très froid…

– Et tu dormais où ces temps-ci ?

– Euuuuh…

– Haha bon désolé, j’arrête avec mes questions indiscrètes. »

Petite pause pour digérer ces informations et me permettre d’imaginer sa situation.

 » Tu as quel âge ?

– 16 ans.

– Ah… »

Je n’ai rien à rétorquer, c’est lui qui reprend la parole de lui-même:

 » Est-ce qu’on est à Paris ?

– A Paris ?? Ah non désolé, Paris est encore à au moins 600 kilomètres d’ici… Tu es à Valence, Paris est bien plus au nord.
Regarde, on arrive au commissariat. Je ne peux pas y rester longtemps parce qu’on m’attend, mais je vais t’y accompagner. »

Au commissariat j’explique brièvement la situation aux forces de l’ordre, qui ne paraissent guère enchantées. On se pointe à l’instant où ils étaient en train de fermer les grilles, prêts à rentrer chez eux… Ils nous font patienter, leur cœur balançant probablement entre le respect de l’appel du devoir et l’attrait d’une soirée sur le fauteuil au coin du feu. J’en profite pour céder ma nourriture au jeune immigré, elle lui sera plus utile qu’à moi. Je sors aussi une feuille et y inscris mon nom, mon prénom, mon adresse email et mon numéro de téléphone.

J’hésite un peu, puis je choisis de lui laisser également mon adresse, avec l’emplacement où je cache les clés. L’avantage de n’avoir aucune possession, c’est que je n’ai pas peur de me faire déposséder. Et puis je n’en parle pas, mais actuellement dans mes 9m² j’ai déjà un autre sans-papier du Congo Brazzaville ! Ce n’est pas comme si j’étais le principal occupant de ma demeure…

T'inquiète pas, tout est normal !

T’inquiète pas, tout est normal !

Dans l’intervalle, Antoine a eu le temps de s’inquiéter et de s’impatienter. Au téléphone, je lui apprends que je suis au commissariat juste à côté, que ça ne devrait pas prendre longtemps.

 » Mais… Au commissariat ? Mais qu’est-ce que tu fous au commissariat ?!!

– Non mais t’inquiète pas, j’ai rien fait ! En fait j’ai croisé un mec qui me demandait la direction du commissariat, vu que c’était sur la route je l’y ai conduit ! Il se trouve que c’était un ado immigré de Guinée. Il avait super froid et ne parlait pas bien Français, je l’ai donc accompagné pour l’aider à en parler aux policiers.

– David tu me fatigues… Tu viens à peine de débarquer à Valence qu’il t’arrive déjà des problèmes. Tu ne peux pas avoir une vie monotone comme tout le monde ??

– Attends y a un flic qui veut que je l’écoute, je te rappelle tout de suite. »

Je me retourne :

 » Oui désolé, dites moi !

– Je vais vous demander de vider votre sac s’il-vous-plaît.

– Vider mon sac ? Mais… Alors franchement, je vous donne ma parole que j’aurais apprécié coopérer, mais là j’ai vraiment pas le temps, je dois y aller !

– D’accord. »

D’accord ??… Bon, tant mieux alors. Je retourne vers le jeune pour être sûr qu’il a bien compris les informations que je lui ai données, et je reviens au policier.

 » Si vous avez besoin de mes coordonnées elles sont sur le papier, n’hésitez pas ! Désolé de vous laisser gérer cette situation, je file. »

Et en effet je file, on ne me retient pas. Ils ont l’air conciliants les flics par ici. Ceci dit, je n’ai pas eu de nouvelles depuis, je suppose (et espère) que le jeune a été pris en charge ! Je cours rejoindre Antoine, qui écoute mon histoire. Amusé, mais visiblement pas surpris…

Pas de repos pour le guerrier ?

Je passe donc une semaine avec ce cirque, puis une semaine dans un autre cirque dans les Cévennes pour une création de spectacle. J’ai passé plusieurs semaines à vadrouiller un peu partout en France, à dormir tour à tour chez des inconnus, dans une caravane, dans un bus anglais aménagé, à prendre du plaisir mais à ne pas me sentir chez moi : c’est le lot de la plupart de ceux qui font des spectacles leur gagne-pain.

Aussi, lorsqu’après quelques classiques retards de train j’arrive enfin à la maison, mes désirs sont aussi simples qu’intenses. J’ai envie de me préparer un bon repas bien chaud, et de livre un bon livre, bien calé sur le tapis de sol qui me tient office de lit. Me sentir chez moi, seul et tranquille, ne pas dépendre d’interactions sociales à chaque fois que je veux manger, me doucher, ou sortir. Ne pas passer mon temps à rencontrer de nouvelles personnes, qu’il faudra me résoudre à oublier avant de bien les connaître. Mon « colocataire » acrobate et sans-papier n’est pas là ce soir, il est aussi en tournée. Ça s’annonce jouissif ! Seule ombre au tableau : cette semaine il faudra que je retravaille sur un article scientifique. Ça me fatigue d’avance, mais à chaque jour suffit sa peine. Ce soir, je profite.

Première désillusion : les clés. Elles ne sont pas sous le paillasson comme elles devraient l’être. Ah. Il a dû les embarquer avec lui. J’en suis un peu irrité, mais ce n’est pas un drame : il me suffit de monter sur le toit et de passer par le vélux pour être chez moi. Quelques efforts plus tard, c’est chose faite. Il fait noir, je cherche à tâtons l’interrupteur pour éclairer. Tiens ? L’ampoule a dû griller. Je me dirige vers ma lampe de bureau, pataugeant dans une flaque au passage. Ça sent bizarre dans cette tanière, il faudra aérer ! La lampe de bureau ne fonctionne pas non plus. Mince. Ça a dû disjoncter, peut-être que mon ami est parti en laissant les plaques chauffantes ou le radiateur allumés ?

Pas de repos pour le guerrier ?

Pas de repos pour le guerrier ?

J’utilise le flash de mon téléphone pour vérifier ça. Tout est bien éteint, et le disjoncteur n’a pas sauté non plus. Étrange… J’essaie tour à tour les interrupteurs, les prises, les plaques et le radiateur, rien ne fonctionne. Quant-au frigo, il a dégivré et un liquide nauséabond stagne sur le sol. Je vais dans le couloir de l’immeuble, les éclairages fonctionnent bien. Je vois sous la porte que les voisins ont bien le courant. Il est tard, mais ils semblent réveillés. Je frappe.

 » Bonjour, je vois que vous avez du courant !

– Euh oui en effet, c’est une excellente remarque…

– Vous n’avez eu aucun problème ces derniers jours ?

– Ah non, aucun ! Vous n’avez pas de courant ? Vous avez vérifié que le disjoncteur n’ait pas sauté ?

– Oui j’ai vérifié tout ce que je pouvais, merci. Je vais continuer à chercher, bonne nuit et désolé pour le dérangement ! »

J’appelle mon pote pour savoir comment il s’est débrouillé sans électricité, et ce qu’il a fait des clés. Il n’est au courant de rien, tout fonctionnait à son départ et il est presque sûr d’avoir mis les clés sous le paillasson. Bon. Dans le doute je vérifie…

Elles y sont ! C’est à ce stade de sa vie que votre serviteur suspecte un soupçon de stupidité en sa personne. Mais l’heure n’est pas aux allitérations. Comment ai-je fait pour ne pas trouver une clé dans un dixième de mètre carré plat et uniforme ? Mystère. Quoi qu’il en soit, elles sont en ma possession. Reste la question de l’électricité. Mon ami est vraiment désolé pour moi, propose même d’essayer de revenir aussi tôt que possible pour m’aider à résoudre ça, ou d’appeler un ami qui devrait s’y connaitre assez pour me dépanner. Je décline son offre en le remerciant.

J’en parle à ma mère et à mes quatre sœurs, elles auront peut-être une piste ? Elles en ont une en effet, sérieuse même. Est-ce que ça ne serait pas mon fournisseur d’électricité qui aurait coupé mon accès ?

 » Essaie de joindre EDF, il doit y avoir un numéro sur tes factures où tu peux les joindre !

– Les factures ? Quelles factures ?

– Bah tes factures d’électricité !… Attends un instant. Tu ne jettes pas tes factures au moins ?

– Non ! Enfin pas toujours ! Du moins, je ne pense pas… A vrai dire, je n’ai pas souvenir d’en avoir jamais reçu.

– J’ai un gros doute là David. Rassure moi, tu as passé un contrat avec EDF lorsque tu as pris possession de l’appartement ?!

– Ah non j’ai rien fait du tout ! Il y avait déjà l’électricité et l’eau, j’imagine que c’était inclus dans le loyer…

– Comment ? Tu n’as pas non plus passé de contrat pour l’eau ?!! Ça fait combien de temps que tu es ici ?

– Un an et demi environ, mais ils ne m’ont jamais démarché ! Je pensais que c’était soit automatique, soit inclus dans les charges… Tout fonctionnait jusqu’il y a quelques jours. Tu penses qu’ils auraient pu tout couper sans préavis ?

– David, je crois qu’il y a quelque chose que j’ai loupé dans ton éducation… Ne cherche plus, tu vas probablement devoir te coltiner les papiers pour l’eau et l’électricité.

– Non, pas des papiers !!

– Et payer un an et demi de consommation.

– Pas des papiers… »

Franchement. Il n’y avait rien d’évident, on est d’accord ?! Non ? Ah bon on n’est pas d’accord ?… Soit, je suis un abruti. A ma décharge, je ne me suis jamais occupé de toutes ces démarches, que ce soit quand j’étais chez ma mère, en internat, en collocation ni en chambre universitaire. Pourquoi est-ce que ça aurait changé ? Ceci dit, je dois admettre que les papiers et l’administration sont ma grande aversion, pour lesquels je n’ai strictement aucun talent. Je suis bien content de ne pas être dépensier, parce qu’avec mes revenus actuels ça aurait pu être compliqué…

Toujours est-il qu’il semble que mes plans sont sur le point d’être légèrement bousculés. Il faudra éponger la fuite du frigo (dans le noir), ne pas prendre de douche (ou une douche froide), ne pas manger (ou des biscottes nature), ne pas lire sous la couverture. Ne pas me sentir chez moi encore, me faire héberger, voir des gens et ne laisser aucun repos à ma vie sociale. Ne pas me reposer moi-même, et ne pas pour autant avancer dans mes projets personnels. Me coller des papiers dès la fin du week-end.

Voyons les choses du bon côté : il peut être amusant de dormir chez soi après avoir lu à la chandelle, de chauffer ses plats à la bougie de thon à l’huile (toute une technique !), et de rester malgré tout à l’abri de la pluie. Certes. C’est définitivement moins amusant de ranger ses valises et de nettoyer dans le noir. C’est décidé, je m’occuperai de ça demain. Cette nuit, je dormirai autre part, chez ma sœur Noémie par exemple ! Cette gueuse n’a pas internet, mais elle a une prise pour brancher mon portable, des lampes qui fonctionnent, et de quoi cuisiner. Elle ne dormira pas là cette nuit, je pourrai même dormir sur le canapé qui lui sert de lit, luxe ô combien appréciable !!

Dès le début de la semaine j’apprendrai qu’EDF a besoin de 10 jours pour régler mon souci ; et dans 10 jours je serai reparti… Je casserai également les bretelles sac à dos auquel je tenais tant. Et j’aurai des difficultés à reproduire les statistiques pour mon article, ce qui me tiendra éveillé toute une nuit jusqu’à 8h du matin. Mais pour l’heure, je n’en sais rien ! Tout content dans mon ignorance, je m’en vais béatement dormir chez ma sœur, mon paquet de champignons décongelés et mes biscottes a la main.

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